Magie amour : L'initiation d'une sorcière blanche

L'initiation d'une sorcière blanche

L’initiation est une première étape. C’est le début d’une série d’étapes qui permettront à l’initié de se développer pour devenir par la suite adepte et ensuite maître. Tout au long de son parcours il mettra à profit ses connaissances, augmentera son niveau de conscience, testera ses aptitudes et s’éveillera à la maîtrise des énergies, …l’initiation est « destiné à réaliser psychologiquement le passage d’un état, réputé inférieur, de l’être à un état supérieur » (S. Hutin).

Cette initiation est présente dans de nombreuses sociétés telles la franc-maçonnerie, le compagnonnage, les confréries étudiantes américaines. Cette initiation a parcouru l’histoire comme le montre les écrits sur les guildes corporatives au Moyen Age. La sorcellerie est aussi un exemple majeur en ce qui concerne le bien fondé de cette première étape pour l’avènement d’un maître. Sa pratique tenue secrète, il la révélait peu à peu à son apprenti.

Notre époque actuel joue entre confusion (l’initiation serait lié intimement au mysticisme et galvaudage (l’ésotérisme met parfois en valeur des initiés qui ont pour image celle de personnages ambigus) lorsqu’elle emploie le terme « initiation », terme dont la racine latine est « initiare », c'est-à-dire commencer. Le terme s’est généralisé et signifie ainsi le fait de faire découvrir à un individu une science, une profession, un art. Nous sommes loin de sa signification passée où il s’agissait d’être admis à la connaissance de certains mystères grâce à des cérémonies. Les ethnologues s’appuient désormais sur trois types d’initiations : celles qui font passer les enfants à la catégorie d’adultes (exemple des initiations tribales), celles qui ouvrent l’accès à des sociétés secrètes ou à des confréries fermées (initiations religieuses), et celles qui font abandonner la condition humaine normale pour accéder à des pouvoirs surnaturels (comme c’est le cas pour les initiations magiques). Il est intéressant de noter que la voie initiatique est différente voire opposée à la voie mystique de par leur but mais aussi leur parcours.

Comme pour le religieux, l’individu inscrit dans une démarche mystique est passif, il reçoit les informations, s’abreuvent de connaissances mais ne peut en aucun cas intervenir. De ce fait, cette démarche est qualifiée de passive. Oublions l’esprit critique, il n’a pas sa place dans cet endoctrinement. Les connaissances sont digérées sans savoir sur quoi elles s’appuient, quelles sont leurs origines, leurs essences. Impossible de contester et de s’affirmer dans ce courant.

Au contraire, l’initiation invite l’individu à prendre l’initiative de se prendre en main en participant activement à la mise en marche de son parcours. Tout ceci se fait avec un contrôle rigoureux du maître qui veille à ce que l’initié se dépasse, s’implique pour augmenter au maximum ses capacités et ses potentialités.

Avoir un esprit critique et une analyse sur ce qui se déroule est donc primordiale à une bonne réalisation du parcours initiatique. S’éveiller pour atteindre un niveau supérieur de conscience.

Par quels moyens peut-on actuellement réaliser une initiation ?

Donnons un coup de balai à la voie mystique qui à part de rares exceptions n’est pas favorable à une voie spirituelle. Quelques miracles sont les conséquences de techniques de méditation. La faute aux forces indépendantes et non à l’individu qui reste passif. C’est pour cela que ces phénomènes sont semblables à des barrières sur le chemin de l’initié en ce qui concerne la sorcellerie. La méfiance est palpable lorsque nous évoquons les associations mystico-religieuses, utilisant leurs finalités bénéfiques pour s’emparer des énergies et de l’argent des individus pour servir la cause et ceux qui s’y emploient.

En fait, en faisant le tour de la question, on s’aperçoit que seules deux voies peuvent être qualifiées d’initiatiques. La première est celle de l’ésotérisme. Elle a pour base son enseignement traditionnel. La transmission des connaissances s’appuie sur la filiation, qui est quant à elle ininterrompue et ritualisée. La difficulté réside dans le choix des filières. Les démarches qui s’ensuivent sont liées à l’absorption de connaissances sur le symbolisme mais aussi l’étude et l’analyse sur les philosophies, l’histoire des religions et sur les magies. La seconde est d’ordre magique. Elle est souvent décriée par le manque d’informations qui en émanent. Il s’agit de la sorcellerie.

Pour ce qui est de la voie initiatique de l’ésotérisme, les adeptes, grâce à un niveau élevé de conscience, peuvent pratiquer les rituels semblables à ceux de la Haute Magie, seuls les buts et moyens changent. Il en découle que cette voie permet d’atteindre des potentialités impressionnantes et un haut degré de conscience. Les personnes suivant ce chemin se refusent de pratiquer la magie.

A propos de la Haute Sorcellerie, voie initiatique traditionnelle et transmissible, s’associe à la pratique, elle prend appui sur ses pouvoirs et ses opérations magiques. C’est pour cette raison que cette démarche va a contrario de la magie cérémonielle, de la voie initiatique et du mysticisme. La progression de l’initié est tant sur le niveau pratique que sur le niveau théorique dans le but d’éveiller les potentialités et d’élever ses niveaux de conscience.

Il y a une véritable interaction entre l’énergie fournie par l’initié et le rituel sorcier, ils sont interdépendants.

En fait, dans le chemin initiatique sorcier, la finalité est que le sorcier doit s’approprier les pouvoirs pour ensuite pouvoir les dépasser puis s’en passer. On est proche du shamanisme. L’entraînement pratique est poussé pour atteindre cette voie élevée. De plus, il est nécessaire d’acquérir une connaissance pointue sur les magies.

Magie cérémonielle et initiation

Depuis l’origine de la sorcellerie, il y a toujours eu transmission des pouvoirs grâce à la filiation permanente des adeptes. La magie cérémonielle s’appuie quant à elle sur une multitudes de formes religieuses qui freinent voire empêche la transmission. Cette magie est avant tout dans le tâtonnement pratique, dans une recherche constante et expérimentale qui essaye d’être le miroir de la sorcellerie. Singer la première étape qu’est l’initiation est déjà un leurre et rappelle son échec.

A notre époque actuelle, règnent les explications cartésiennes, scientifiques. Nous sommes du côté d’une pensée matérialiste qui s’oppose à la spéculation intellectuelle de la magie cérémonielle rappelant certaines philosophies orientales qu’elles soient arabes ou juives. Elle est davantage symbolique et lorsque certaines opérations sont effectives c’est avant tout dû à la personne qui l’effectue. Elle a malheureusement perdu toute cette tradition magique initiatique. Le danger est ici que la personne qui pratique cette magie cérémonielle oublie qu’il manipule des forces. Il ne les connaît quasiment pas. La menace est que certaines forces intermédiaires peuvent agir sur lui et le manipuler. On est loin de la protection qu’assure la voie initiatique contre ces dangers car les adeptes sont présents pour veiller.

Oublions ces soi-disant mages qui se présentent comme adeptes de la magie cérémonielle. Toutes démonstrations ne sont qu’illusion. Pour élément de comparaison, la voie des yogis (technique tibétaine) offre les mêmes démonstrations avec un entraînement de plusieurs années et cette voie s’appuie de plus sur une initiation.

La sorcellerie traditionnelle offre un panel impressionnant d’expériences qui stimulent constamment les adeptes. Il est important de mettre à plat les différentes disciplines pour pouvoir se repérer et appréhender de la meilleure façon possible la sorcellerie.

La MAGIE et ses disciplines :

  • Astrologie,

  • Astrologie médicale,

  • Incantations aux éléments (discipline perdue),

  • Maîtrise des éléments (discipline perdue),

  • Maîtrise de la foudre (discipline perdue),

  • Maîtrise de la lumière (discipline perdue),

  • Evocations angéliques ou de puissances supérieures (discipline perdue),

  • Invocations angéliques (discipline symbolique),

  • Evocations de puissances inférieures (discipline particulièrement dangereuse et partiellement conservée),

  • Connaissance de signes de pouvoir (discipline presque oubliée),

  • Talismanie,

  • Connaissance du véritable nom des choses (discipline perdue),

  • Animation d’objet (discipline perdue),

  • Enchantement de lieux ou d’objets (discipline perdue),

  • Action sur la matière (discipline perdue),

  • Bénédiction ou malédiction (discipline symbolique),

  • Régénération vitale (discipline très rarement pratiquée),

  • Magie politique, action sur les foules (existence non prouvée),

  • Transfert de conscience (pratiquée par de rares initiés Bön Po au Tibet),

  • Explorations et voyages dans des plans différents (discipline perdue),

  • Contrôle psychique d’individus (discipline pratiquée au Tibet ou en Mongolie),

  • Utilisation de familiers (discipline totalement perdue),

  • Armes magiques (existence non prouvée),

  • Invisibilité ou transparences (existence non prouvée).

La SORCELLERIE et ses disciplines :

  • Astrologie pratique et médicale,

  • Connaissance des plantes,

  • Rituels et cueillette,

  • Evocation d’élémentaux,

  • Evocation d’élémentaires,

  • Evocation des Dévas (esprit des plantes et des pierres),

  • Evocation des puissances inférieures (discipline très dangereuse),

  • Talismanie,

  • Connaissance du véritable nom des choses,

  • Charges d’objet,

  • Sorts, nouages et ligatures (discipline très employée),

  • Grilles,

  • Action sur la matière (discipline possible seulement avec un entraînement intensif),

  • Bénédiction ou malédiction (synonyme de charges),

  • Régénération vitale (discipline possible avec une connaissance approfondie de la spagyrie et de la magie rouge),

  • Envoûtements (avec plus de 187 sorts, discipline très employée),

  • Envoûtement de guérison,

  • Envoûtement et contre-envoûtement,

  • Magie rouge (discipline incomplète),

  • Magie sexuelle (discipline peu pratiquée mais redoutable d’efficacité),

  • Confection d’entité collective ou égrégore,

  • Appel de force,

  • Transfert d’énergies,

  • Transfert de maladie,

  • Contre-envoûtement par transfert,

  • Eveil de pouvoir (voyance, guérisseur, …)

  • Réharmonisation d’énergies,

  • Transfert de conscience (discipline perdue),

  • Appel et contrôle d’animaux (discipline presque oubliée),

  • Mot de pouvoir (vocables de puissance, limites),

  • Signatures,

  • Signes de pouvoir (discipline très limitée).

Seuls les initiés ont la capacité de mettre en œuvre ces pratiques dont le listing est ici limité. Tout sert aussi à démontrer que la sorcellerie est vivante de par ses traditions et ses pratiques.

Le quatuor : l’initiable, l’initié, l’adepte et le maître.

Une question de fond s’attache au paysage de l’initiation. Elle est intéressante car elle est en corrélation avec la voie que l’on a choisie. Doit on faire partie d’un cercle de personnes privilégiés ou bien l’initiation est ouverte à tous ceux qui le souhaitent ?

En premier lieu, en ce qui concerne la magie cérémonielle, on peut effectivement mettre de côté la voie initiatique. Pour évoluer et progresser dans ce domaine, il faut prendre appui sur les livres…être un rat de bibliothèque et faire usage de son intelligence pour décoder ses fondements et pratiques. Il est de plus utile d’inclure dans ses connaissances la littérature philosophique grecque et latine ainsi que l’étude des mythologies.

Quant à la tradition magique initiatique, sa filiation a été stoppée et seules perdurent certaines formes orientales comme par exemple la tradition tantrique tibétaine des « bonnets rouges », axée sur la pratique de la magie. C’est un long chemin pour aboutir à une élévation spirituelle s’approchant de l’illumination. Au départ, le futur disciple, pendant une cérémonie qui est le plus souvent collective, est accompagné d’un lama. C’est lui qui lui communique une initiation et son nom d’initié. C’est à ce moment là que le disciple choisit son entrée ou non dans la voie initiatique ouverte. Pratiquer cette voie serait quelque peu déconcertant pour un occidental, il s’agit d’un enchaînement d’exercices de concentration et de méditation sur des Yidams. Ces Yidams sont des représentations emblématiques d’incarnations du Bouddha. Ils sont tels Janus, composés de deux visages. L’un est calme et détendu, l’autre se présente comme furieux et courroucé. Ces deux aspects correspondent aux deux modes d’appréhension de la vie choisie par le disciple. De plus, à chaque Yidam correspond un mantram. Un mantram est un vocable possédant une valeur à la fois symbolique et une valeur d’interférence au niveau psychique et spirituel. Ainsi, pour son initiation, le disciple devra pratiquer les techniques d’apprentissage du souffle et de postures rituelles. Il mettra en pratique (environ 100 000 fois) la récitation des mantrams attachés au Yidam avec un nombre égal de prosternation. Tout ceci pour être le Yidam. Pratiquer pendant de longues années, cela conduit à un calme intérieur et surtout extrait ses éléments culturels antérieurs. C’est avec le choix du Yidam qu’apparaît certains pouvoirs : la voyance, les possibilités de guérison, le développement de l’acuité intellectuelle, la maîtrise de certains éléments (eau, terre, feu et air). Il faut cependant faire la remarque que les lamas tibétains (à l’origine de l’initiation) n’encouragent en rien la pratique de la magie, il la considère en rupture avec les fondements de l’entreprise initiatique. Notons tout de même que la voie tantrique tibétaine reste une des rares voies initiatiques existant toujours et de qualité élevée.

Venons en à la tradition magique de la voie sorcière. Tout d’abord même si généralement la voie initiatique est ouverte pour tous, un adepte est dans la possibilité de refuser l’entrée de certains individus. Il n’est pas question d’être élitiste mais de posséder les critères adéquats pour pouvoir évoluer dans cette voie. L’entraînement est basé sur le décapage ce certaines habitudes et prône une attitude mentale ouverte évitant tout fanatisme. Il faut mettre de côté une attitude critique systématique. Les personnes ayant une santé fragile ou possédant un handicap physique ou psychique ne seront pas encourager dans cette démarche. Il faut aussi prendre en compte l’âge des sujets, cette problématique de l’âge est dépendante de l’ouverture d’esprit en rapport avec le chemin initiatique. Globalement, l’homme doit être harmonieux et il est idéal qu’il ait entre 16 et 25 ans, 30 ans est l’âge maximum. Doué d’une bonne sensibilité, il doit entre autre posséder un sens artistique développé, aimer la musique, être habile de ses mains, imaginatif et concentré. De plus, les atouts importants résident dans une bonne vitalité accompagnée d’une certaine sensualité.

En résumé, l’être initiable est une personne équilibrée, sincère et persuadée d’avoir fait le bon choix. Cette voie se ferme automatiquement au sujet engagé dans une formation baroque, dans une voie mystique, expérimentant en parallèle la magie ou encore appartenant à une secte.

Quant à l’initié, ce terme indique qu’il s’est engagé dans la voie initiatique. Ayant subi un entraînement préliminaire, il a connu sa première initiation et a reçu son nom initiatique. Il cherche à progresser dans la tradition de la sorcellerie.

L’adepte est à un niveau plus avancé par rapport à l’initié. Il a subi les initiations qui complètent sa formation liée aux divers aspects de la tradition. En effet, la sorcellerie a un système initiatique qui se gradue en étapes : divers niveaux concrets et à chaque niveau correspond un enseignement qui devient de plus en plus complexe au fil de la formation. Il en est de même avec la pratique de la sorcellerie et sa maîtrise (magie rouge, voyance, magie sexuelle, etc.…)

Adepte avancé et reconnu par ses pairs, le maître est celui qui transmet les nombreux types d’initiations (cela dépend de sa propre voie initiatique). On peut ainsi expliquer la disparition de certaines disciplines perdues au travers de la filiation. La tradition se transmet de façon orale entre le maître et l’adepte. Il est important de remarquer qu’il existe des textes qui sont aptes à reconstituer certaines spécialités. Elles ne resteront alors à jamais théoriques puisque impraticables sans la transmission maître-adepte.